Reynders et Vande Lanotte désignés informateurs par le Roi
Le vice-Premier ministre MR Didier Reynders et l'ex-vice-Premier ministre sp.a Johan Vande Lanotte ont été désignés informateurs par le Roi ce jeudi après-midi.
Le roi Philippe a désigné ce jeudi comme informateurs l'actuel vice-Premier ministre libéral Didier Reynders et l'ex-vice-Premier ministre socialiste Johan Vande Lanotte en leur demandant de faire un premier rapport la semaine prochaine. Le souverain "les a chargés d'une mission d'information visant à identifier les défis à relever par notre pays, et les possibilités ainsi que les conditions nécessaires en vue de former un gouvernement fédéral", a précisé le Palais dans un communiqué.
"Dans le cadre de cette mission, ils garderont le contact avec les responsables des négociations dans les régions et communautés. MM. Reynders et Vande Lanotte ont accepté cette mission. Ils feront un premier rapport au Roi sur l'avancement de leur mission le 6 juin", conclut le texte.
Au cours des derniers jours, le roi Philippe avait fait le tour des formations politiques représentées à la Chambre. Après trois jours d'entretiens, il est logiquement passé à l'étape suivante ce jeudi en désignant les informateurs qui doivent permettre la constitution d'un gouvernement fédéral.
"Travailler dans la discrétion"
"Nous allons travailler dans la discrétion jusqu'au 6 juin", a affirmé Didier Reynders à la presse l'issue de l'audience. Les deux responsables politiques ont été chargés d'"objectiver les grands défis qui sous-tendent la formation du prochain gouvernement" et de "voir quelles solutions sont possibles".
"Cela ne sera pas facile. Si c'était facile, ce serait déjà fait."
"Les contacts démarreront dès aujourd'hui et se poursuivront les jours qui viennent", notamment avec les partis qui ont pris la main dans les Régions, a ajouté Reynders. "Cela ne sera pas facile. Si c'était facile, ce serait déjà fait", a encore dit le vice-Premier ministre libéral.
Didier Reynders et Johan Vande Lanotte sont de vieux briscards de la politique belge. Reynders, ministre sans interruption depuis 1999, a déjà été informateur en 2007 après la victoire des libéraux francophones aux élections. Il avait tenté à l'époque de mettre sur pied une coalition "orange bleue" qui aurait réuni la famille sociale-chrétienne et la famille libérale. Mais les négociations n'avaient pas abouti, notamment en raison du refus de la présidente du cdH de l'époque, Joëlle Milquet, de laisser tomber le PS d'Elio Di Rupo.
Vande Lanotte avait pour sa part joué le rôle de "conciliateur" royal en 2010. Mais il a entre-temps pris congé de la politique nationale début 2017. Il s'est néanmoins présenté - sans succès - aux législatives du 26 mai après avoir cédé en janvier dernier l'écharpe maïorale à Ostende.
La piste De Wever
La tradition veut que l'informateur soit "une personnalité politique connaissant les rouages de la politique belge et généralement issue d'un parti politique ayant remporté une victoire électorale", avaient indiqué les analystes du Crisp avant cette annonce. Le plus souvent, c'est au sein du parti qui a affiché le plus gros score électoral que l'informateur est choisi. Le Roi a donc cette fois décidé de de s'écarter de la tradition...
Lors des deux précédentes formations du gouvernement fédéral, c'était Bart De Wever qui avait été désigné. Et, sur papier, le Bourgmestre d'Anvers aurait très bien pu rempiler pour une troisième mission du genre. Mais il est vrai que cette fois-ci, le président de la N-VA n'avait pas totalement les faveurs des pronostics. Il faut dire que la condition posée par Bart De Wever et son parti, à savoir entrer dans un gouvernement fédéral seulement s'il est possible de négocier le confédéralisme, avait de quoi refroidir le roi Philippe.
Di Rupo
Une autre possibilité envisagée ces derniers jours était de confier la mission d'informateur à un francophone. Dans ce cas de figure, le nom d'Elio Di Rupo, président du plus grand parti francophone, revenait avec insistance. Mais là aussi le terrain était miné. Le choix du PS, meilleur ennemi de la N-VA, aurait donné l'impression au nord du pays que le Roi privilégie un gouvernement sans les nationalistes flamands.
Restait alors la créativité belge en la matière. Le Roi en a donné un parfait exemple ce jeudi.
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