Le Belge a gagné 2 jours de salaire supplémentaires
La Belgique a célébré son Tax Freedom Day deux jours plus tôt qu’en 2018. Preuve que la pression fiscale sur les salaires diminue. Mais, la Belgique reste quand même dans le trio de tête des pays taxant le plus les salaires.
Pendant longtemps, les travailleurs belges n’ont pu que pleurer sur leur sort face aux différents classements relatifs à la fiscalité sur le travail et à la comparaison des niveaux de taxation belges avec ceux d’autres pays. Mais ça va mieux. Le Belge est désormais "fiscalement libre" plus tôt que les années précédentes. Ce 15 juillet, il a ainsi eu fini de travailler pour payer ses impôts.
Depuis lundi, il travaille pour lui-même. C’est deux jours plus tôt que l’an dernier, d’après les calculs de l’institut Molinari*, qui établit chaque année ce genre de classement afin d’estimer la pression fiscale et sociale qui pèse sur les salariés. À ce petit jeu-là, les Chypriotes sont les gagnants: leur jour de libération fiscale vient le 8 avril.
Par contre, les Français et Autrichiens doivent attendre ce vendredi 19 juillet… Et il y a six ans, nous devions travailler 24 jours de plus qu’aujourd’hui pour profiter de notre salaire.
2,01 euros dépensés, 1 euro reçu
Autre façon de considérer les choses qui nous montre que la pression fiscale s’est amoindrie: chez nous, quand l’employeur débourse 2,01 euros, le travailleur reçoit 1 euro en poche après que charges et taxes en tous genres aient été payées.
Le Belge n’est donc plus le salarié le plus cher d’Europe. Il n’y a pas si longtemps, en 2013, son patron devait encore sortir 2,43 euros de sa caisse pour lui accorder 1 euro. Désormais, les Luxembourgeois, les Autrichiens, les Néerlandais et les Allemands sont moins bien lotis que nous.
Grâce au tax shift
À quoi peut-on attribuer ces bonnes nouvelles pour notre portefeuille? Pas de surprise. Comme pour plusieurs indicateurs belges qui se sont récemment améliorés, à l’instar des chiffres des créations d’emploi et du chômage, les mesures du gouvernement Michel ont apporté du lest dans le portefeuille des travailleurs.
Un des coauteurs de l’étude, James Rogers, explique… et tempère: "Le tax shift a eu un impact positif sur l’économie et les citoyens belges: le taux de chômage a diminué, et le revenu disponible est en hausse. Néanmoins, les Belges paient trop pour leur gouvernement: beaucoup de nos voisins européens paient des impôts moins élevés tout en obtenant de meilleurs résultats en matière de soins de santé, d’éducation et de bien-être." Le gouvernement ponctionne en moyenne 29.326 euros de chaque salaire annuel, ce qui constitue le deuxième montant en termes d'importance à l’échelle européenne.
Les Belges paient trop pour leur gouvernement.
Les auteurs de l’étude rappellent également que le tax shift a été notamment financé par des augmentations de TVA sur l’électricité, l’augmentation de la fiscalité sur le précompte mobilier et des impôts plus élevés pour le secteur financier.
Le taux d’imposition réel d’un employé belge (TVA comprise) est, selon l’institut Molinari, de 53,6%. La moyenne dans l'UE est de 44,5%.
On reste sur le podium…
Au final, si sa fiscalité sur le travail s’est allégée, la Belgique reste quand même dans le trio de tête, avec au-dessus d’elle la France, qui est première, et l’Autriche, des pays "fiscalisant le plus le salarié moyen". Sur un an, 9 pays de l’UE enregistrent une baisse des prélèvements obligatoires tandis que dix-sept encaissent une hausse. À noter que cette étude n’est pas la seule du genre. Celle portant sur le Tax Freedom Day a été abandonnée par PwC suite aux débats caricaturaux qu’elle suscitait. Existe toujours le Tax Justice Day, qui était “fêté” le 9 mai dernier.
* “La pression sociale et fiscale réelle du salarié moyen au sein de l’UE en 2019”, 10e éditons, institut Molinari. À noter que cette étude prend en compte le salarié moyen, célibataire sans enfant.
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