Le PIB belge rebondit de 0,4% au premier trimestre
Le PIB belge a bien progressé au premier trimestre, en ligne avec les indicateurs de confiance de ces derniers mois. Mais l'industrie continue de souffrir.
L’année 2023 a plutôt bien commencé pour l’économie belge, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% au premier trimestre. C’est ce qu’indique une première estimation fournie par la Banque nationale de Belgique (BNB).
C’est un solide rebond après la croissance modeste de 0,1% au quatrième trimestre de 2022. En rythme annuel, c’est-à-dire comparé au premier trimestre de 2022, la croissance économique s’établit actuellement à 1,3%.
Ces chiffres confirment ce que les indicateurs de confiance de la BNB avaient laissé entrevoir ces derniers mois, à savoir un climat des affaires en progrès et un moral des consommateurs au moins en partie retrouvé, après les chocs négatifs de la guerre en Ukraine et de l’emballement de l’inflation, qui avaient plombé la confiance durant l’été et l’automne derniers.
"Le secteur des services tire la croissance parce qu'il y a encore un effet de rattrapage post-covid qui est à l'œuvre."
L'industrie souffre
"C'est un bon chiffre, mais il faut se garder de toute euphorie, car on observe un contraste sectoriel important", tempère Philippe Ledent, économiste chez ING.
Dans les services, l’activité s’est accélérée et affiche une croissance positive de 0,7%. La tendance est également positive dans la construction, où la valeur ajoutée a enregistré une hausse de 0,4%. Dans l'industrie, par contre, la valeur ajoutée s’est repliée de 0,6%.
"L'industrie continue de souffrir, en raison de problème de compétitivité notamment. Le secteur des services tire la croissance parce qu'il y a encore un effet de rattrapage post-covid qui est à l'œuvre", indique Philippe Ledent. Or un mouvement de rattrapage est par définition temporaire.
"Si le secteur industriel ne prend pas le relais, la croissance pourrait à nouveau ralentir."
Des incertitudes pour le reste de l'année
Difficile, dès lors, de prédire ce que la suite de l’année réservera. "Si le secteur industriel ne prend pas le relais, à un moment donné, la croissance globale pourrait à nouveau ralentir", prévient-il.
D'autant que l’environnement macro-économique demeure marqué par un haut degré d'incertitude. Les tensions géo-politiques sont fortes et nul ne peut, à ce stade, prédire l'issue de la guerre en Ukraine. L'actuel reflux des prix de l'énergie pourrait, dès lors, se limiter à un phénomène temporaire.
Chez ING, on situe la croissance belge pour cette année dans une fourchette allant de 0,9% à 1,2%. Cela suppose une croissance de 0,3% au deuxième trimestre et de 0,2% tant au troisième qu'au quatrième trimestre. De son côté, le Bureau du plan avance, comme hypothèse de base pour les travaux budgétaires du gouvernement, une croissance de 1% cette année. L'Ires (UCLouvain) s'est montré récemment un peu plus optimiste encore avec une prévision de 1,2%.
Les plus lus
- 1 Guerre commerciale: les États-Unis vont appliquer des droits de douane de 20% sur l'UE et jusqu'à 54% sur la Chine
- 2 Ce que l'on sait des nouveaux droits de douane que Donald Trump s'apprête à dégainer
- 3 Six cartes que l’Europe pourrait jouer face aux tarifs de Donald Trump
- 4 La Commission inflige une amende de près d'un demi-milliard d'euros à quinze constructeurs automobiles
- 5 Réserve de liquidation: Jan Jambon offre le choix entre l'ancien et le nouveau régime