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interview

Jamila Louahed (GSK): "Nous pourrions faire de la Belgique la vallée biopharmaceutique de l'Europe"

©Antonin Weber / Hans Lucas

Avec le feu vert, il y a quelques semaines, de l'Organisation mondiale de la santé pour le premier vaccin mondial contre la malaria, la Belgique a une nouvelle fois brillé sur le radar de la biopharmacie. Figure de proue de cette formidable aventure: le département R&D de GSK Vaccines, dirigé par Jamila Louahed, scientifique de haut rang issue de l'immigration.

Évoquez avec Jamila Louahed son parcours hors norme, et vous verrez apparaître, sur son sourire, ce mélange indistinct d'humilité et de fierté. Tout au long de sa carrière, cette fille d'un émigré algérien n'a pas seulement surmonté un triple "handicap" – être femme, être étrangère, être musulmane –, elle s'est également hissée au sommet de la recherche au sein de la plus grosse société biopharmaceutique en Belgique. "On a été éduqués dans un milieu musulman très traditionnel, et pourtant, mon père m'a toujours soutenue", expose aujourd'hui la responsable R&D de GSK Vaccines.

Cinquième d'une famille de six enfants (trois filles, trois garçons), la jeune algérienne a enfilé tous les niveaux d'études, depuis sa région de Mons-Borinage jusqu'à un post-doctorat aux États-Unis. "On a tous fait soit des hautes écoles, soit l'université. Mon père avait pour fierté de travailler comme un fou pour assurer l'éducation de ses enfants. Il le faisait aussi les week-ends." Haute-école dans le Hainaut, Master en biotechnologie dans l'Alma bruxellois de l'UCLouvain, suivi d'un doctorat, puis d'un post-doc à Philadelphie, sur la côte est des États-Unis. "J'ai toujours été passionnée par les sciences du vivant, comprendre comment la vie fonctionnait. J'avais envie d’être médecin, mais je voulais être rapidement indépendante financièrement."

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Un jour, alors qu'elle est revenue à Saint-Luc en tant que responsable de recherche, GSK la contacte. C'était il y a quinze ans. "J'ai donc rejoint GSK, en emmenant une partie de la recherche développée dans mon laboratoire de l'UCL, avec l'ambition de développer des vaccins contre les cancers." Un rêve fou, "made in Belgium": caractériser des antigènes uniquement présents dans les cellules cancéreuses, en espérant un jour développer un vaccin et permettre aux patients qui ont subi l'ablation de leur tumeur de ne plus voir apparaître de récurrences dans le futur. "On est allé jusqu'à la phase 3, pour évaluer le vaccin chez des patients atteints d'un  cancer du poumon ou d'un mélanome. Ça a été une aventure fantastique, à la fois pour la Belgique, mais aussi beaucoup d'espoir pour le professeur Thierry Boon, à la base de la découverte. Et pour moi, chez GSK, ça a été la réalisation de ce rêve de passer de la science à la médecine."

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Ce vaccin n'a donc pas été plus loin que la phase 3…

Non. Les résultats n'étaient pas à la hauteur des attentes. Je reste convaincue que ce rêve se réalisera dans un futur proche. Comme avec les technologies ARN dont on parle beaucoup, la science en cancérologie évolue à grande vitesse et est arrivée à un moment charnière: l'importance du système immunitaire en cancer est démontrée. Depuis plus de 5 ans, on assiste à un boom de l'immunothérapie en oncologie. Venir avec une approche où on peut moduler le système immunitaire pour traiter un cancer avec l'aide d’un vaccin va devenir une réalité. Le succès de l'immunothérapie dans le domaine du cancer et de la meilleure compréhension du système immunitaire suggère que, dans un proche avenir, la vaccination pourrait être également capable de vaincre le cancer et certaines maladies chroniques. C'est quelque chose qui continue à me titiller. Même si, entre-temps, j'ai pris d'autres fonctions.

Vous qui avez à la fois un parcours académique, de recherche, en entreprises, comment voyez-vous la recherche en Belgique?

Je pense qu'on peut être fier. J'ai eu l'occasion de partir pendant deux ans aux États-Unis, en me disant que j'allais être confrontée à un environnement beaucoup plus innovant qu'ici. Ce n'est pas le cas. On est assez humble dans nos innovations, mais on a un tissu de recherche avec des universités cotées mondialement, et aussi un tissu de financement relativement important. On peut s'améliorer: il faut mieux capitaliser les forces régionales en termes d'investissements. Cette interaction public-privé est déjà assez importante.

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Avec sa grande capacité de recherche & développement, d'études cliniques, de production et d'exportation, le secteur biopharmaceutique n'est pas seulement l'un des principaux moteurs de l'économie belge de la connaissance, mais également un maillon important au niveau biopharmaceutique mondial.

Le centre de recherche et développement de vaccins à Rixensart représente notre centre historique. Plus de 90% de nos vaccins ont été faits en collaboration avec des partenaires belges ou internationaux. En 2020, nous avons eu une vingtaine de collaborations scientifiques avec des universités belges.

Le gouvernement a présenté une stratégie pour cimenter la Belgique en tant que plaque tournante du biopharma en Europe. Comment peut-elle continuer à tenir son rang?

Avec un écosystème développé, une main-d'œuvre hautement qualifiée, et le soutien des pouvoirs publics réunis pour stimuler la recherche et l'innovation, en faisant de la Belgique la vallée biopharmaceutique de l'Europe. Le succès de GSK en Belgique, le fait que nous soyons numéro un en pharma avec 9.000 employés, c'est grâce à cet écosystème qui nous a permis d'évoluer. C'est une de nos forces: ces interactions avec les universités, mais aussi avec l'environnement des biotechs, c'est un partage dans les deux sens.

"Ce n'est pas pour rien que Pfizer est venu produire chez nous ses premières doses de vaccin à ARN".

On a des métiers diversifiés qui nécessitent des expertises très différentes. Quand on songe à la pharma, on imagine souvent des scientifiques et des biologistes, mais on a besoin d'un panel beaucoup plus large de spécialités. C'est la raison pour laquelle nous insistons très fort sur l'importance des métiers STEM (science, technologie, ingénieur, mathématique). Une filière très reconnue mais qui, malheureusement, s'appauvrit en nombre. Il faut stimuler les jeunes, parce qu'on est l'un des plus grands pôles au niveau de la fabrication pharmaceutique. Ce n'est pas pour rien que Pfizer est venu produire chez nous ses premières doses de vaccin à ARN.

Que faut-il encore pour être les meilleurs?

L'expertise et l'étendue du biomanufacturing  sont un modèle unique en Belgique. Il faut continuer à l'améliorer pour la garder. Si on réfléchit aux pandémies futures, elles peuvent venir d'une bactérie ou d'un virus, contre lesquelles on a besoin de technologies différentes. Il faut donc s'assurer d'une force de frappe importante en termes de développement et de productions de vaccins.

L'autre point, c'est de s'assurer que pour les nouvelles technologies, un ARN du futur par exemple, on ait les financements et la volonté politique pour pouvoir les développer. Pour la Belgique, je vois là une opportunité sur la façon de développer nos études cliniques. Il nous faut digitaliser davantage nos universités, nos résultats auprès des patients. Ce qu'Israël est parvenu à faire est assez unique en ce sens. Quand on voit la taille de notre pays, ne pourrait-il pas mettre en place un réseau opérationnel plus efficient, avec une meilleure collaboration universitaire pour aller rapidement dans du développement clinique?

Si on a une nouvelle pandémie, on pourrait nous-mêmes générer suffisamment de données. La taille et le tissu industriel belges devraient nous permettre de réfléchir au futur, de garder notre position de leader et de création d'emplois. Pour garder nos centres de décision, mais aussi faire en sorte que notre pays reste attractif en termes d'innovation et de talents.

"Le modèle doit être revu pour permettre l’accès équitable à la vaccination".

Comment voyez-vous l'inégalité dans la vaccination contre le covid dans le monde?

On est face à une iniquité. Il y a deux problèmes: le volume de vaccins disponibles dans le bon timing et l'infrastructure adéquate pour les acheminer, les conserver, les dispenser, et une difficulté de les pouvoir acheter, problème économique. C'est le problème que nous avons rencontré avec la malaria. Si on veut aider ces pays en voie de développement qui ont des besoins spécifiques, le modèle doit être revu pour permettre l'accès équitable à la vaccination. D'autant plus maintenant que ce virus n'a pas de frontière. On peut être fiers d'avoir une vaccination à plus de 80% chez nous, mais le covid peut changer dans ces pays, développer des variants qui reviendront. Il nous faut mener une discussion fondamentale au niveau international pour être mieux armés. Notamment dans le cas d'une future pandémie, car on est tous conscients que ce n'est pas la dernière.

Que pensez-vous de la discussion autour des brevets?

On ne s'improvise pas fabricant de vaccins, c'est une matière très régulée. Le modèle optimal, c'est un meilleur partenariat. Quand on pense qu'il faut 12 à 24 mois pour transférer la technologie d'un vaccin, ce n'est pas le brevet qui va résoudre le problème. Par contre, la collaboration peut aider à résoudre le problème d'approvisionnement des vaccins. C'est ce que nous faisons: nous aidons nos concurrents et différents partenaires à travers le monde à développer le vaccin. On leur donne accès à notre expertise, à notre savoir-faire et à nos produits, comme ce composant important qu'est l'adjuvant.

"Avant le covid, la capacité mondiale de vaccins était 5 milliards de doses par an. Aujourd'hui, on est à 12 milliards."

À qui la faute alors?

La faute, d'abord, à un manque de préparation. Le problème, c'est le temps. Il est déjà miraculeux qu'en moins d'un an, on ait pu développer un vaccin. Après, comment donner accès à la population mondiale? On parle de milliards de personnes. Avant le covid, la capacité mondiale de vaccins était 5 milliards de doses par an. Aujourd’hui, on est à 12 milliards. C'est un effort gigantesque. Or, on subit aujourd'hui des pénuries en matières premières et en expertise.

Avant la pandémie, les constructions d'usines étaient déjà une barrière. Certains industriels investissent en Afrique pour construire des capacités indépendantes de fabrication, cela va aider. Mais la fabrication du vaccin reste un métier compliqué. La régulation est excessivement exigeante. C'est pourquoi l'industrie du vaccin se limite à quelques acteurs: Merck, GSK, Pfizer, Sanofi… Il n'y en a qu'une poignée à cause des investissements énormes nécessaires. Ensuite, tout un réseau est encore nécessaire. Il ne faut pas négliger cet aspect logistique.

Combien de temps prend la construction d'une unité de production?

Rien que pour transférer notre production de vaccins entre Rixensart et Wavre, pour certains vaccins, ça a pris plusieurs années, et c'est pourtant au sein de GSK. Pourquoi? Parce que chaque méthode utilisée est revue et revalidée par les autorités, pour s'assurer qu'il n'y a pas un impact sur la qualité des produits. Parfois, on doit même refaire des études cliniques pour montrer qu'après avoir transféré la production sur un autre site, on retrouve bien les mêmes caractéristiques en terme d'immunogénénicité. C'est une industrie beaucoup plus compliquée que la pharma des petites molécules.

"La malaria, c'est un parasite, ce n'est pas un virus comme le corona, ni une bactérie comme la pneumonie."

Il a fallu 30 ans pour avoir le vaccin contre la malaria. Qu'est-ce qui prend le plus de temps?

Il y a plusieurs grosses étapes dans la création d'un vaccin. La première concerne la compréhension du pathogène. Si on prend la malaria, c'est un parasite, ce n'est pas un virus comme le corona, ni une bactérie comme la pneumonie. Chacun de ces pathogènes à une biologie différente qui va interagir différemment avec notre corps. Pour pouvoir neutraliser ce pathogène, il faut pouvoir comprendre cette interaction. Le parasite de la malaria va être transféré par un moustique, passer dans le sang, arriver dans le foie où il va se répliquer puis retourner dans le sang, puis éventuellement être repris par des moustiques. À chaque étape de son développement, le parasite prend une forme différente. Ensuite, il faut identifier la partie qu'il faut viser.

Pour le coronavirus, c'est la fameuse protéine spike, la clé qui permet au virus de pénétrer dans la cellule. Pour le savoir, il a fallu plusieurs années d'étude. Quand la pandémie a éclaté, on connaissait la cible à viser, c'est ce qui a permis d'accélérer le développement du vaccin. Dans le cas de la malaria, ça a pris des décennies. Une fois qu'on a trouvé la partie qui nous intéressait, il nous a fallu trouver la bonne façon de développer le vaccin: quel est le cocktail à développer pour que ça fonctionne?

Le succès du vaccin contre la malaria, c'est l’innovation apportée par ce qu'on appelle les adjuvants. C'est une technologie développée par GSK à Rixensart qui permet d'activer le système immunitaire en combinaison avec ce fragment du parasite qu'on avait déterminé. Ça a été une performance incroyable, à la fois sur la biologie du pathogène, puis sur la compréhension de la réponse immunitaire qui devait être induite. La Belgique a joué un rôle particulièrement important.

©Antonin Weber / Hans Lucas

Les études cliniques ont été compliquées…

Ce sont des pays qui ne sont pas équipés pour des études cliniques. On a dû travailler énormément avec les centres de recherche locaux. Ce vaccin avait déjà montré son efficacité fin 2015, mais on a dû, ensuite, construire la pharmacovigilance avec trois pays pilotes en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé avant de pouvoir annoncer cette bonne nouvelle: le vaccin est implémentable, accessible, et donne pour la première fois une efficacité de plus de 70%, en combinaison avec les mesures sanitaires.

Les pharmas occidentales ont assez mauvaise presse en Afrique. Avez-vous rencontré de la réticence?

Pas vraiment. On a passé énormément de temps, localement, avec la population. C'est une maladie très connue là-bas, elle tue des enfants. Pour eux, c'est une chance de les voir grandir. Ça a été une aventure scientifique, professionnelle et humaine fantastique.

La difficulté aussi, c'est que les essais cliniques doivent toujours se faire là où il y a une forte prévalence de la maladie…

Effectivement. Quand on veut démontrer l'efficacité d'un médicament ou d'un vaccin, on doit aller dans ces régions où le pathogène induit une maladie. Ça n'aurait pas de sens de faire ces études sur la malaria en Europe, où elle n'est pas présente.

Est-ce la raison pour laquelle il n'y a toujours pas de vaccin contre le sida? On ne peut pas l'inoculer volontairement, ce qui complique les essais cliniques.

Il n'y a pas vraiment de volontaires qui seraient prêts à se faire inoculer, parce qu'il n'existe pas de modèle où l'on pourrait contrôler le virus du sida. Pour le covid, le nombre de personnes infectées est tellement important que le nombre de cas qu'il a fallu pour démontrer l'efficacité du vaccin à ARN a été très vite atteint. Mais pour le sida, il y a une complexité supplémentaire: comme je le disais, il faut d'abord comprendre le pathogène. Or on n'a pas encore trouvé la clé qui pourrait servir de cible pour un vaccin. Heureusement, l'industrie pharmaceutique a trouvé des solutions thérapeutiques. La recherche continue. C'est un virus vicieux qui s'attaque au système immunitaire, et qui a la particularité de changer de tête assez fréquemment.

GSK travaille-t-il sur un vaccin contre le sida?

On travaille beaucoup sur la partie thérapeutique. On a fait beaucoup d'essais pour développer un vaccin prophylactique ou thérapeutique, qui n'ont pas abouti. Mais notre stratégie est en reconsidération. Il y a eu beaucoup d'avancées scientifiques. On se demande, comme d'autres sociétés, si ces nouvelles avancées peuvent apporter des solutions en termes de vaccin.

"L’ARN messager n'est qu'une technologie. Si on ne comprend pas le pathogène et la partie à cibler, on ne peut pas avancer."

Les avancées grâce à la lutte contre le covid, comme sur l'ARN messager, par exemple, peuvent donner certains espoirs?

L'ARN messager n'est qu'une technologie, c'est le véhicule. De nouveau, si on ne comprend pas le pathogène et la partie à cibler, on ne peut pas avancer.

Outre l'ARN messager et les vecteurs viraux, y a-t-il d'autres nouvelles technologies qui pourraient donner de nouveaux espoirs?

Les avancées en vaccinologie ont toujours été permises grâce à de nouvelles connaissances. Par exemple, la génétique a permis de passer d'un virus inactivé à une protéine recombinante parce qu'on comprenait quelle était la partie du virus à considérer dans le vaccin. La technologie ARN nous a permis d'aller un pas plus loin. Pourtant, l'ARN ne sera pas une solution pour tous les vaccins. Si on prend une bactérie, on doit cibler des polysaccharides à la surface de la bactérie pour la neutraliser, et on sait que l'ARN ne pourra pas le faire. Il y a aussi beaucoup d'efforts pour répondre à d'autres besoins, notamment notre capacité à augmenter l'efficience de la réponse immunitaire pour certains virus compliqués. Comment? En comprenant mieux leur structure tridimensionnelle, en utilisant des nanoparticules pour améliorer la reconnaissance par le système immunitaire de certain antigène. On peut aussi aller plus loin, c'est la médecine de précision qui évalue les facteurs de risque: à quoi pourrais-je être susceptible d'être infecté cet hiver ou l’année prochaine? Notre connaissance sur la santé immunitaire va permettre dans le futur d'améliorer la précision dans le développement des vaccins.

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  • "Plus de 90% de nos vaccins ont été faits en collaboration avec des partenaires belges ou internationaux."
  • "Il nous faut digitaliser davantage nos universités, nos résultats auprès des patients. Ce qu’Israël est parvenu à faire est assez unique en ce sens."
  • "Rien que pour transférer notre production de vaccins entre Rixensart et Wavre, pour certains vaccins, ça a pris plusieurs années."

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