"La bourse, ce n'est pas le Lotto"
Le professeur de finance Mikael Petitjean n’a pas à rougir de la performance de son portefeuille basé sur une stratégie d’investissement très défensive. Il termine deuxième du classement des participants vedettes en cette fin de Rallye Boursier.
Mikael Petitjean était sans conteste le participant vedette avec la stratégie d’investissement la moins agressive. Exit les traditionnelles biotechs dont la volatilité a souvent fait la différence durant les éditions précédentes du Rallye Boursier. Pas de valeurs technologiques ou cycliques. Non, rien de tout ça.
Le professeur de finance voulait montrer, à travers ce concours, qu’investir en bourse de manière réfléchie et prudente permet aussi d’obtenir de beaux résultats. Mission accomplie. Il ne s’attendait pas, en investissant principalement dans des fonds diversifiés en actions, à obtenir un tel rendement sur seulement dix semaines: +9,4%. Car investir en bourse, "c’est sur du long terme, au minimum dix ans. La bourse ce n’est pas le Lotto", martèle-t-il.
On peut s’asseoir sur ses positions à partir du moment où on a un portefeuille diversifié.
Stratégie bien étudiée
Le participant vedette, qui a effectué tous ses placements au tout début du concours, n’a pas changé d'un iota son portefeuille sur les dix semaines de jeu. "Je n’ai fait aucune autre transaction. J’ai pourtant été tenté à un moment donné de racheter un fonds diversifié, mais je voulais respecter mon engagement de départ", explique l’investisseur. Il avait décidé, en effet, de laisser son portefeuille évoluer tout au long du Rallye Boursier sans le changer. "Quand on a un plan correctement défini, il ne faut pas le changer par la suite. On peut s’asseoir sur ses positions à partir du moment où on a un portefeuille diversifié. Il faut donner du temps au temps."
Il termine le jeu avec 15% de cash en portefeuille: "Je me suis privé d’une performance supplémentaire en gardant cette part de cash, mais puisqu’il n’y a pas eu de correction boursière, je ne l’ai pas réinvesti."
Le reste de son portefeuille est composé à hauteur de 67% en fonds diversifiés en actions, "le cœur de mon portefeuille", et en actions (les 17% restants) choisies sur base de deux facteurs de risque: momentum et value.
J’espérais obtenir un rendement supérieur à 0%, donc avec un peu plus de 9% je suis satisfait.
"C’est avant tout la partie cœur de mon portefeuille qui a bien performé (les fonds, NDLR), les actions individuelles dans le satellite n’ont pas rapporté grand-chose. Ce qui n’est pas étonnant, car les actions que j’avais sélectionnées l’étaient selon deux facteurs de risque, value et momentum, ce qui est plutôt rémunérateur sur le long terme", explique Mikael Petijean. "Le but de ces actions satellites était de booster le rendement, sans faire exploser le risque. Mais elles n’ont rien apporté de particulier sans sous-performer pour autant."
Investir dans un portefeuille diversifié
Le professeur de finance dresse son bilan: "J’ai tenu mes promesses, j’avais déterminé un plan que j’ai respecté. Je n’ai jamais eu de correction de plus de 3% sur mon portefeuille. Je suis relativement satisfait vu la stratégie que j’ai choisie de suivre. Avec un portefeuille diversifié, c’est difficile de se retrouver dans le top. J’espérais obtenir un rendement supérieur à 0%, donc avec un peu plus de 9% je suis satisfait. Mais ayant répondu le plus possible aux questions du quiz, cela a joué positivement sur ma performance", conçoit-il.
Évitez de vous appauvrir en laissant votre argent sur un compte d’épargne qui ne vaut plus rien et qui se fait même manger par l’inflation.
Mikael Petijean conclut: "J’invite les investisseurs à respecter leur plan d’investissement. Du moment où il est sensé, intelligent, il faut le respecter sinon c’est la voie à la déroute. Il faut bien réfléchir à son plan, investir de manière graduelle et avoir un portefeuille diversifié en pensant aux facteurs de risque momentum, value et small caps. Évitez de vous appauvrir en laissant votre argent sur un compte d’épargne qui ne vaut plus rien et qui se fait même manger par l’inflation. Il ne faut pas avoir peur d’investir cet argent dans un portefeuille diversifié avec une prise de risque orientée sur le long terme."
L’avis du coach - Youry Huygen (L’Investisseur)
Le Rallye Boursier 2019/20 aura été d’un excellent cru. Les marchés auront en effet été en croissance (quasi) constante depuis le début de la compétition, ce qui justifie, du coup, les beaux returns affichés par de nombreux participants, même si une partie du rendement obtenu l’est grâce aux questions du quiz.
La plupart des indices des deux côtés de l’Atlantique se sont bien comportés. Ainsi, l’indice DAX allemand a atteint jeudi un "all time high", tandis que la presse financière annonce, avec un certain intérêt, le franchissement imminent de la barre des 30.000 points par le Dow Jones.
Un mouvement haussier qu’il ne faut pas, bien entendu, espérer durable. Des corrections intermédiaires, il y en aura encore. Le fait est qu’une des règles de l’investissement est de suivre la tendance et celle-ci n’aura été, ces dix dernières semaines, que haussière: "The trend is your friend".
Le return obtenu par Mikael Petitjean est plus qu’honorable et prouve qu’un placement au travers de fonds a un sens. Son choix s’est surtout porté sur de nombreux fonds de type "sustainable", investis dans des valeurs "éthiques" ou "durables", certes. Des fonds qui ont de plus en plus la cote auprès d’investisseurs. De nombreux trackers ou fonds dits "ESG" (Environmental, Social and Governance) ou "SRI" (Socially Responsible Investing) investissent toutefois tous dans les mêmes valeurs, ce qui n’est pas de nature à favoriser une diversification optimale.
Un portefeuille d’actions optimal se doit de comprendre aussi bien des fonds reprenant principalement des "grosses pointures" d’indices, que des valeurs individuelles. Nous continuerons, donc, à prôner également le fameux "stockpicking". On trouve, en effet, encore de nombreuses valeurs de taille petite et moyenne ("mid et smallcaps") offrant un beau potentiel à terme… mais qui, en raison de leur maigre négociabilité, ne sont jamais reprises dans des fonds ou trackers.
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