portrait

Pierre Poilievre, le Donald Trump canadien prêt à devenir Premier ministre

Le Canada a besoin d'un nouveau Premier ministre. Le conservateur Pierre Poilievre part favori pour les prochaines élections. Anti-woke, acerbe et ultra-libéral, il marche dans les traces de Trump.

Pierre Poilievre, le chef des conservateurs canadiens, apparaît comme le favori pour devenir Premier ministre. Justin Trudeau a annoncé ce lundi sa démission. Si c'est le prochain chef du parti libéral qui lui succède, des élections législatives rebattront vite les cartes. Elles doivent se tenir le 20 octobre selon le calendrier, mais ce sera plus tôt en cas de scrutin anticipé.

Pierre Poilievre n'hésite pas à dénigrer et insulter ses adversaires.

Dans les sondages de ces derniers jours, Pierre Poilievre avait 20 points d'avance sur Justin Trudeau. Il a de l'ambition. Durant son cursus universitaire, il avait participé à un concours et gagné un prix pour un essai sur le thème "Si j'étais Premier ministre, je ferais...".

Publicité

Donald Trump canadien

Résumer le style Poilievre tient en deux mots: Trump canadien.

CONSEIL

Les principales infos de la journée en un coup d’œil.

Recevez maintenant L’actu du jour de L’Echo.

Envoi quotidien (lu.-ve.) par e-mail - Désinscription en un seul clic

Toujours bien mis, adepte du costume marine, raie sur le côté et cheveu lissé vers l'arrière, l'opposant numéro un de Justin Trudeau a adopté le comportement du tonitruant républicain américain. Il dénigre et insulte ses adversaires. Il avait traité le Premier ministre de "faible", "clown" et "cinglé".

Il a le sens de la formule: "Axe the taxe" pour abolir la taxe carbone ou "Justinflation" pour imputer au Premier ministre la responsabilité de l'inflation. Il aime également les slogans. Son "Canada d'abord" résonne en écho du "America first". Et il relaie, lui aussi, de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Publicité

Alors que ses meetings attirent les foules, il manie le chaud et le froid sur beaucoup de sujets de société, endossant les thèses conservatrices traditionnelles, puis leur contraire, sans guère s'expliquer. Il s'affirme comme "anti-woke". Sa méthode, c'est de parler aux cœurs plutôt qu'aux têtes. Il capitalise sur la colère de la population, à la manière des populistes.

Publicité

Dans la lignée du courant libertarien, il défend l'idée d'une intervention minimale de l'État dans la vie des citoyens.

Député à 25 ans, puis ministre

Né à Calgary, Pierre Poilievre a grandi dans une famille adoptive d'expression française. Il a du bagage: il a étudié les relations internationales et a bossé dans les relations publiques et la com'.

Il envisage aussi, s'il devient Premier ministre, d'autoriser la construction de nouvelles raffineries de pétrole, d'usines de gaz naturel liquéfié, d'installations nucléaires et de centrales hydroélectriques.

Le chef des conservateurs canadiens est entré en politique il y a 20 ans en devenant le plus jeune député du pays. Il avait 25 ans. Il a été ministre de 2013 à 2015. La politique, il connaît donc. Habile, il répond aux préoccupations du président élu des États-Unis. "Nous devons reprendre le contrôle de l'immigration, des frontières, des dépenses et de la dette", lançait-il en décembre.

Il envisage aussi, s'il devient Premier ministre, d'autoriser la construction de nouvelles raffineries de pétrole, d'usines de gaz naturel liquéfié, d'installations nucléaires et de centrales hydroélectriques. Parfait pour brosser le républicain dans le sens du poil et ne pas se faire déclasser comme l'a été Justin Trudeau, traité de "gouverneur" par Donald Trump.

Mais face à un futur président américain qui verrait bien le Canada comme le 51ᵉ État des États-Unis, Pierre Poilievre s'affirme. Alors que Donald Trump menace d'imposer des droits de douane de 25% sur les produits venant du Canada, il rappelle au passage l'importance, pour l'industrie américaine, du pétrole et du gaz canadiens vendus à bas prix.

Le profil
  • 45 ans, marié à Anaida Galindo, d'origine vénézuélienne, deux enfants.
  • Diplômé en relations internationales.
  • Il a été copropriétaire de 3D Contact Inc., société de sondage et de consultance, et il a travaillé pour Magna International dans le domaine des relations publiques.
  • Assistant parlementaire avant d'être élu, en 2004, à la Chambre des communes.
  • Chef du Parti conservateur depuis septembre 2022.
Publicité
Le texte actuellement en discussion propose de ne plus assimiler les périodes couvertes par l'assurance-maladie. Cela concerne notamment les congés de maternité, de paternité et d'adoption.
Les congés de maternité et de maladie pourraient être exclus des calculs pour le droit au chômage
Exclusions dès le 1er janvier 2026, périodes de maladie ou de congé maternité non assimilés: le projet de réforme du chômage se dessine.
Messages sponsorisés