Édito | L’"Art of the Deal" à l’européenne? L’Union, la vraie

Rédacteur en chef adjoint

Face aux tarifs douaniers massifs que Donald Trump s’apprête à lancer ce mercredi, l’Europe doit se montrer unie dans sa musculation. Toute friction rendrait insignifiante son arme de dissuasion.

C’est l’idéal imaginaire que Donald Trump aime évoquer: le retour à l’Âge d’or américain. Cette fin du dix-neuvième siècle, où les grandes fortunes faisaient la politique et où les droits de douane remplissaient en dollars les caisses de l’État. Mais l’époque marque aussi la fin des guerres indiennes où les forts en état de siège devaient choisir: se rendre et succomber, ou opposer à l’attaquant une même force de feu.

Face aux falaises tarifaires que Donald Trump s’apprête à ériger vis-à-vis du monde, l’Europe fait face à un dilemme tout aussi mortifère: doit-elle faire profil bas et quémander la mansuétude (se rendre) ou riposter du tac au tac, au risque de provoquer l’escalade et d’assécher davantage son économie?

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À l’évidence, manger dans la main du locataire de la Maison-Blanche ne fait pas recette, en tout cas pour l’instant. Le Royaume-Uni, le Japon, le Vietnam ont eu beau tenter d'amadouer la furie trumpienne, ils seront logés à la même enseigne.

Le risque est de ne pas tenir, unis, dans la durée

La Commission européenne, elle, semble choisir une voie plus abrupte. Menacer et temporiser, puis répliquer avec vigueur en laissant ouverte la porte de la négociation si la fumée se dissipe, tel est le choix sinueux, mais ferme qu’a posé l’exécutif. À voir si la force de feu sera suffisante pour faire taire le canon américain. Rien n’est moins sûr, et il faudra en assumer les conséquences.

Mais comme dans tout siège, le risque, c’est de ne pas tenir, unis, dans la durée. Or l’Europe touche là son talon d’Achille.

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La tentation sera grande, en effet, pour chaque État membre, de plaider auprès de la Commission la cause de tel ou tel autre secteur. On le voit avec le bourbon américain que l’Europe a inscrit sur sa liste des produits à taxer. La simple menace de rétorsion de 200% de droits de douane sur les vins européens a poussé Français et Italiens à plaider leur cause auprès de l’exécutif.

C’est l’unité et la détermination qui font la force d’une arme de dissuasion et de rétorsion.

Le risque d'un pétard mouillé

Comment réagira l’Irlande par rapport aux mesures prises sur les services américains qu’héberge l’Eire et que Trump aimerait rapatrier chez lui? Que dira le Danemark si le Président américain met le Groenland ou son champion Novo Nordisk dans la balance? Comment vont se comporter les pays atlantistes, comme la Pologne ou les pays baltes, ou ceux proches des idéologues de la Maison-Blanche, comme l’Italie et la Hongrie?

À cet égard, la probabilité d’une visite, prévue au milieu du mois selon l’agence Bloomberg, de JD Vance à Georgia Meloni, présidente du Conseil, ne présage rien de bon.

C’est l’unité et la détermination qui font la force d’une arme de dissuasion et de rétorsion. Si on lui retire ses composantes, c’est un pétard mouillé qu’on finira par envoyer à Washington. Donald Trump le sait, en jouera et assistera à notre désunion du haut de son mirador, le sourire aux lèvres. Ne lui donnons pas cette satisfaction.

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