La BCE se hâte lentement

Journaliste

La fin des achats d’actifs approche, c’est officiel

Top, départ: la Banque centrale européenne (BCE) vient d’annoncer le début de la fin de ses achats d’actifs. Sous réserve de perspectives d’inflation évoluant conformément à ses attentes, bien entendu, précaution toute francfortoise.

La rapidité avec laquelle l’institution gardienne de l’euro a changé son fusil d’épaule est impressionnante. Fin avril, elle nous certifiait encore que ses achats d’actifs resteraient inchangés tant qu’on n’observerait pas un ajustement durable de l’inflation. Un mois et demi plus tard, elle se prépare à clore le dossier des achats d’actifs en fin d’année. Certes, les investisseurs anticipaient ce calendrier mais ils n’attendaient pas une communication aussi franche aussi vite. La BCE a donc accéléré le mouvement.

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Si même la BCE est divisée, le chemin est encore très long avant de réconcilier les États membres de la zone euro.

Mais en même temps, elle donne un coup de frein sur un autre pan de sa politique monétaire. Alors que les marchés s’attendaient à voir les taux directeurs de la zone euro commencer à monter six mois après la fin des achats d’actifs, c’est-à-dire vers la fin juin 2019, la banque centrale annonce qu’elle maintiendra ses taux aux niveaux actuels, c’est-à-dire à des planchers historiques, jusqu’à la fin de l’été 2019. Nous voilà donc reportés à septembre 2019 pour une éventuelle remontée du loyer officiel de l’argent. La BCE joue donc la montre.

Cette manière de se hâter lentement montre que l’institution monétaire est profondément divisée entre, d’une part, les partisans d’une politique monétaire plus stricte pour combattre l’inflation qui a atteint 1,9% – soit l’objectif officiel – le mois dernier, et, d’autre part, les tenants d’une politique monétaire souple qui soutient la croissance économique de la zone euro. Cela reflète les tensions politiques entre l’Allemagne, partisane de règles budgétaires fermes, et les pays du sud qui réclament plus de souplesse.

Si même la BCE, qui est longtemps apparue comme l’institution incarnant le mieux l’Europe, est divisée, c’est que le chemin est encore très long avant de réconcilier enfin les États membres de la zone euro.


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