Turquie-Europe, la fin de l'hypocrisie

Journaliste

Merkel veut la fin des négociations avec la Turquie

À trois semaines des élections allemandes, Angela Merkel affirme haut et fort qu’en cas de réélection elle demandera la fin des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Cette sortie, à la faveur de l’unique débat télévisé de la campagne, a permis à la candidate du CDU de couper l’herbe sous le pied de son rival Martin Schulz (SPD), qui pensait être le seul à oser réclamer la fin des négociations. La passe d’armes, à vocation interne, signe la fin d’une longue période d’hypocrisie, où l’Allemagne se prétendait en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Mais elle éloigne encore un peu plus l’Europe de la Turquie, deux partenaires dont les échanges commerciaux pèsent 140 milliards d’euros par an.

Les démocrates-chrétiens, rivés à l’Europe de Constantin, ne veulent pas de la Turquie dans l’Union européenne.

Cette manière d’instrumentaliser le projet européen en période électorale est devenue une habitude. En Turquie comme en Europe, chacun brandit l’épouvantail de l’autre pour galvaniser ses électeurs, peu importe le fond du projet. La Turquie d’Erdogan n’a pas l’intention d’adhérer à l’Europe. Elle tourne le dos à la démocratie et aux valeurs occidentales en emprisonnant des milliers d’opposants, magistrats, journalistes et enseignants. Côté européen, les démocrates-chrétiens, rivés à l’Europe de Constantin, ne veulent pas de la Turquie dans l’UE. Le PPE, la première famille politique européenne, a poursuivi durant douze ans les négociations lancées par le chancelier Gerhard Schröder (SPD). En coulisses, elle n’y a jamais cru. Une rupture des négociations servira autant les intérêts des islamo-conservateurs de l’AKP d’Erdogan que ceux des conservateurs européens.

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Certes, personne ne veut en Europe d’une Turquie dirigée par Erdogan. Mais attention à ne pas franchir la limite de non-retour. La Turquie n’est pas Erdogan. Et il ne faudrait pas priver l’opposition laïque turque de tout espoir d’intégrer l’UE, au risque de voir ce pays, membre de l’Otan, sombrer entre les mains d’un islam de plus en plus radical et de déstabiliser encore plus cette partie du monde.

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