Dimitri Laboury, l'Indiana Jones belge?

Égyptologue et professeur à l’université de Liège, Dimitri Laboury prépare une exposition d’envergure sur Toutankhamon, dont les prémices viennent d’être dévoilées à la presse.

Les égyptologues, comme les pharaons qu’ils étudient, appartiennent à des dynasties. Et la dynastie belge, qu’on se le dise, forme l’une des plus enviées en Europe. Tout remonte principalement à l’amour d’une reine. Pas la reine Hatchepsout, notre reine à nous: Elisabeth de Belgique (1876-1965), grande fan de musique (comme le prouve le concours qui porte son nom), mais aussi égyptologue à ses heures. Avec son ami Jean Capart, star belge de l’archéologie portraiturée par Hergé dans Tintin, elle fut la première "civile" à pénétrer dans le saint des saints, le tombeau de Toutankhamon, quelques jours seulement après sa découverte par Howard Carter le 4 novembre 1922.

Bio Express
Bio Express
  • 1969: Naissance
  • 1981: Il trouve sa vocation lors d’un voyage familial en Egypte, où sa mère l’initie à la culture antique.
  • 1988: Sous l’influence d’Indiana Jones qui a bercé son enfance, il s’inscrit à la faculté.
  • 1998: Mandat définitif comme chercheur qualifié du FNRS
  • 2010: Il publie "Akhenaton", une biographie du pharaon (Pygmalion).
  • 2018: Début de la réflexion sur la future exposition "Toutankhamon"

Ce moment est l’un des piliers de l’expo qui ouvrira ses portes à partir du 14 décembre dans la gare des Guillemins, à Liège. C’est là que Europa Expo prépare une nouvelle et ambitieuse exposition-expérience, après "Golden Sixties", "L’armée Terracota" ou "J’avais 20 ans en 45" (750.000 visiteurs à l’époque). Mais il ne s’agira pas seulement d’immerger le spectateur dans une ambiance "grandes heures de l’archéologie égyptienne", avec voyage en bateau sur le Nil et découverte du sarcophage d’or. Le projet, nommé " Toutankhamon, à la découverte du pharaon oublié ", est également ancré dans une dimension scientifique rigoureuse, puisque des dizaines d’œuvres réelles seront exposées.

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La passion en partage

Un successeur  de Roland Tefnin

En 1992, après sa licence à Liège, Dimitri Laboury rejoint Bruxelles pour suivre les cours du regretté Roland Tefnin, fondateur de l’École de Bruxelles et adepte d’une lecture sémiologique de l’art. Laboury reprendra une partie de sa mission de fouilles après son décès prématuré en 2006.

Mandat à vie

Le FNRS (Fond national de la recherche scientifique) octroie, mais c’est fort rare, des mandats définitifs. L’heureux chercheur sait qu’il pourra désormais se concentrer sur son domaine à temps plein, sans les contraintes de recherche de poste, de subsides, etc. Ce qui n’empêche pas Dimitri Laboury d’enseigner à l’ULg.

 

Le commissaire scientifique et inspirateur d’une bonne partie du contenu, c’est lui: grand, souriant, et l’œil pétillant, le Pr Laboury n’est pas avare de son temps lorsqu’il s’agit d’évoquer la fascinante période amarnienne, sa spécialité. Soit le règne d’un pharaon qui fit sécession – Aménophis IV, également connu sous son nom d’Akhenaton, père du célébrissime Toutankhamon. Dans sa biographie publiée chez Pygmalion en 2010, Laboury revient longuement sur ce roi dont l’iconographie, très différente de celle de tous les autres pharaons, nous interpelle. "C’est un oublié de l’histoire qu’on redécouvre au 19e siècle. Il fascine car il crée une monolâtrie, l’adoration d’une seule divinité, où nous avons vu un peu vite nos propres monothéismes."

Le credo de Dimitri Laboury: un mélange de tout ce qui permet de partager la passion, la connaissance, les émotions. "La rigueur scientifique est un préalable, mais la recherche doit avoir une composante pédagogique, c’est pourquoi j’ai répondu favorablement à Europa Expo, qui souhaitait faire quelque chose sur l’Egypte. En tant que mandataire du FNRS, je suis payé par des fonds publics. Beaucoup de gens s’intéressent à l’Egypte, tant mieux, et j’essaie donc d’accepter quand on me propose une conférence sur les pyramides ou la malédiction de Toutankhamon. Même si mon domaine comporte aussi un aspect beaucoup plus pointu sur la place de l’artiste en Egypte antique!"

Le quotidien du Pr Laboury, entre deux missions de fouille dans la vallée des Rois, c’est donc aujourd’hui de veiller au grain, cautionner le travail des décorateurs, et contacter ses collègues du monde entier pour les convaincre de prêter les œuvres les plus emblématiques…

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