Édito | Le fusil sur la tempe, le Fédéral contraint de concrétiser ses réformes

Le FMI applaudit les réformes structurelles annoncées par l'Arizona. Reste à les concrétiser pour redresser des finances publiques très mal en point et affronter le nouveau contexte géopolitique.

Le FMI a probablement bu du petit lait en prenant connaissance des réformes mises en chantier par l’Arizona. Allongement de la carrière, limitation de la durée des allocations de chômage, restriction de certains régimes de pension préférentiels, diminution substantielle du coût du travail: autant de recommandations formulées depuis des années par l’instance multilatérale basée à Washington à l’adresse de la Belgique ,mais qui n’avaient pu être concrétisées faute de consensus ou de courage politique.

Même la taxation des plus-values sur le capital, que le FMI a toujours préconisée, figure dans le programme Arizona, encore que les termes soient pour l’instant des plus imprécis.

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Le programme du gouvernement De Wever ne se résume cependant pas à un copier-coller des désiderata du FMI. Ainsi, il n’est pas question, pour l’heure du moins, d’enterrer la loi de 1996 sur la compétitivité, en ce compris l’indexation automatique. Ce serait prendre le risque de mettre à mal la consommation intérieure, qui est actuellement le seul pilier qui porte la croissance de l’économie belge.

Chaque grosse opération d’assainissement n’a pu être menée à bien que moyennant une pression politique extérieure. Avec le basculement du contexte géopolitique qui nous met le fusil sur la tempe, nous vivons sans doute à nouveau un tel moment.

Mise en garde sur l'or, notamment

Le FMI met par ailleurs en garde le gouvernement belge contre la tentation de céder à la facilité des mesures one-shot ou de trop miser sur des clauses échappatoires pour dépenser en dehors du cadre budgétaire européen.

Écartons dès lors cette idée de prélever sur les réserves d’or ou de vendre des participations pour rééquiper nos forces armées. La Belgique consacre actuellement 1,3% du PIB à sa défense, alors que les dépenses publiques dépassent la moitié de la taille de l’économie.

Nous ne sommes pas un pays qui doit vendre de l’or parce qu’il aurait épuisé toutes les autres possibilités. Ce débat illustre au contraire notre difficulté chronique à opérer des choix difficiles. Or, on ne devrait pas y échapper, puisqu’à politique inchangée, c'est-à-dire sans les réformes annoncées, le FMI prédit un déficit de 7,2% et un endettement de 123% en 2030. Une trajectoire intenable.

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Notre pays a pourtant déjà montré par le passé qu’il était capable de corriger le cap budgétaire et de mener des politiques de redressement. Ce fut le cas en 1982, après la dévaluation du franc belge. La Belgique affichait alors un déficit de 15% du PIB. Un effort comparable a été réalisé à partir de 1992 pour pouvoir rejoindre l'euro. Chaque grosse opération d’assainissement n’a pu être menée à bien que moyennant une pression politique extérieure.

Avec le basculement du contexte géopolitique qui nous met le fusil sur la tempe, nous vivons sans doute à nouveau un tel moment.

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