Le plus dur est-il passé pour IBA?
Pour atteindre la fourchette basse de son estimation de ventes pour 2017, IBA devra décrocher cinq contrats qui sont en stade final de négociation.
Serait-ce le début de la rémission pour l’action IBA qui, en l’espace de quelques mois, a perdu jusqu'à 65% de sa valeur suite à une succession d’avertissements sur résultats?
Ce jeudi, en matinée, l’action grimpait de 10% à 25,83 euros. Une percée à relativiser lorsque l’on sait que le titre caracolait autour de 56 euros en mai dernier.
Mais ne gâchons pas le soulagement que doivent ressentir les actionnaires du spécialiste belge de la protonthérapie pour le traitement des cancers qui a pris le taureau par les cornes en concluant, ces dernières semaines, deux accords de poids, l’un avec Elekta et l’autre avec Vinci.
Ce sursaut de l’action intervient après la publication des résultats trimestriels d’IBA. On retiendra trois choses à la lecture du communiqué de presse.
- Un, tant les revenus trimestriels que ceux sur les neuf premiers mois de l’année s’inscrivent en recul et sont inférieurs aux estimations des analystes.
- Deux, la société maintient ses prévisions à court et moyen terme avec pour 2017 une croissance de 5 à 10% des revenus et une marge rebit de 0 à 5%. La politique de distribution des dividendes reste inchangée.
- Trois, et c’est essentiel, IBA signale qu’elle attend des revenus d’au moins cinq systèmes de protonthérapie dont les contrats finaux ne sont pas encore signés mais qui sont en phase finale de négociation, affirme-t-elle.
Cinq contrats indispensables
"Nous comprenons qu’IBA a donc besoin de contrats pour 5 systèmes pour arriver à une croissance de ses ventes de 5% en 2017" estime David Vagman, analyste chez KBC Securities. Il reconnaît d’ailleurs qu’il s’attendait plutôt à voir la société réduire sa fourchette de prévisions pour 2017. "IBA semble convaincue que beaucoup de commandes qui ont été reportées peuvent se concrétiser rapidement, démontrant la volatilité de ce secteur, écrit-il. C’est audacieux mais certains pourraient se montrer sceptiques. Quoi qu’il en soit, enregistrer autant de commandes en si peu de temps devrait booster l’action" assure-t-il. Il reste à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 26 euros.
Objectif réduit chez Degroof
Chez Degroof Petercam, Ricky Bhajun pense également que la signature de ces cinq contrats sera la clé pour atteindre la partie basse de la fourchette des prévisions 2017. "Mais un seul échec pourrait toutefois leur faire manquer leurs prévisions" avertit-il. En raison de la concurrence régnant dans le secteur et d’une faible visibilité sur les deux ans à venir, il se montre prudent et maintient sa recommandation à "converser". Par contre, il réduit son objectif de cours à 23,3 euros contre 27 euros avant.
ING et Jefferies au-delà de 30 euros
Giel-Jan Triest d’ING a calculé, de son côté, que pour atteindre ses prévisions, IBA doit enregistrer une croissance de 23% de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre par rapport au même trimestre de 2016. Pour le troisième trimestre, il affichait un repli de 18%. Son avis et son objectif ne changent pas: "conserver" et 34,5 euros.
Pour être complet, notons que Jefferies a réitéré sa recommandation d’achat avec un objectif de cours de 31,4 euros.
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